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Quand les fondeurs passent en mode vitesse

Ce dimanche matin, sur la piste du Seraing Athlétisme, les fondeurs et joggeurs du groupe sport loisir ont eu droit à une séance un peu spéciale.

Avec les fortes chaleurs, il devenait peu raisonnable de vouloir charger lourdement la filière aérobie. Quand l’organisme doit déjà se battre contre la température, inutile d’en rajouter. Il faut parfois avoir le bon réflexe : alléger, adapter, et aller chercher une autre qualité de travail.

Alors, au lieu d’une séance classique d’endurance intense, on a basculé vers un contenu plus nerveux, plus court, plus technique : vitesse, coordination, et filière anaérobie alactique.

L’idée n’était pas de transformer des fondeurs en sprinters. L’idée, c’était de réveiller la foulée, de remettre du tonus dans les jambes, de travailler la fréquence, le placement et la qualité du geste. Chez des coureurs habitués à durer, ce genre de séance fait beaucoup de bien.

On a commencé tranquillement, comme il se doit : cinq tours cool pour mettre le corps en route sans le brusquer. Ensuite, à l’ombre dans la première courbe, place à la mobilité et aux balistiques : chien qui pisse, donkey kicks, étirements dynamiques, cueillettes de fleurs, ouverture des quadriceps et des fléchisseurs de hanche.

Puis est venu le temps de la technique. Montées de genoux, jambes tendues avec l’accent sur le griffé, talons-sous-fesses : des éducatifs repris, corrigés, recommencés, jusqu’à retrouver un geste propre.

Après cela, nous avons transféré le travail sur des déboulés de 40 mètres. Trois passages, observés et corrigés. C’est là qu’on voit si la technique tient quand la vitesse monte.

Ensuite, j’ai sorti un de mes outils préférés : les mini-haies.

Dix mini-haies, espacées de 4,5 pieds. Et là, la magie du matériel bien utilisé opère souvent. La foulée se structure mieux, le rythme devient plus juste, le corps se place mieux, et les appuis gagnent en qualité. Ce n’est pas de la magie au sens strict, bien sûr. C’est du coaching intelligent. Mais l’effet est très réel.

Les déboulés de transposition à côté des mini-haies ont confirmé le transfert : des foulées plus propres, plus dynamiques, plus efficaces. Exactement ce qu’on cherche.

Le cœur de séance consistait ensuite en des flys de 30 mètres, avec un élan de 25 à 30 mètres choisi individuellement par chaque athlète. Que c’est long 30 mètres de maintien de la vitesse. Les bornes Freelap placées à 30, 40, 50 et 60 mètres permettaient de mesurer la vitesse maximale et sa tenue après l’élan.

C’est un travail très intéressant pour des fondeurs et joggeurs du sport loisir. Pourquoi ? Parce qu’à dose homéopathique, il entretient la tonicité, la coordination, la fréquence de jambes et la capacité à produire un effort bref sans s’épuiser. On garde du ressort. On garde de la vivacité. On garde une foulée vivante.

Et puis il y a un autre point essentiel : ce type de séance casse la routine. Chez les coureurs loisirs, le plaisir est un facteur de fidélité. Si la séance devient toujours la même, on perd vite l’élan. Là, on change de registre sans perdre le sens du travail.

Au final, une séance différente, utile, et franchement appréciée. Elle sort des chemins battus par les fondeurs, mais elle leur apporte quelque chose de concret.

Par forte chaleur, il ne s’agit pas de faire plus. Il s’agit de faire juste.

Petit moment de récupération, grand moment de convivialité. Le club sait aussi soigner l’après-séance.

Encore un tout grand merci à Amelia pour ses extraordinaires photos

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