🏃♂️ Championnats provinciaux — Le compte-rendu qui ne ressemble à aucun autre
Samedi 25 avril. Jour de compét. Ciel belge au-dessus de nos têtes (même pas), plein soleil, crème solaire, lactates en embuscade dans nos jambes, et une bonne dose de stress collectif soigneusement dissimulée derrière des sourires de façade. Les championnats provinciaux, ça ne rigole pas. Enfin… si, un peu. Beaucoup, même. Mais pas toujours.


Première pensée du matin : Madeleine. Pendant que nous, on s’échauffe, elle vogue littéralement sur un océan. L’entraîneur en moi veut lui crier « reviens, on a besoin de toi ! » L’être humain en moi lui souhaite bon vent — au sens propre. Et Julia, notre benjamine minime, absente elle aussi : promis, l’année prochaine, le championnat sera à toi. En attendant, on garde ta lane au chaud. 🌊
🌱 Les rookies débarquent
Deux premières fois aujourd’hui. April, cadette première année, et Alexandre, cadet première année sur le 300 haies — discipline qui consiste à courir vite et à sauter des trucs (franchir des haies). Chic.
Alexandre, lui, s’entraîne avec Bernard sur les haies et… on y reviendra. Parce que spoiler : il finit sur le podium. Mais chaque chose en son temps.
April, c’est notre ancienne minime reconvertie en cadette accomplie. Elle hésitait. Elle tergiversait. Elle a finalement signé pour une compét, et franchement, l’entraîneur que je suis a failli verser une larme. Une vraie. (J’ai tenu. Professionnalisme.)
💨 Le 100 mètres — La ligne droite, la simplicité, le chaos
Le matin appartient aux sprinters courts. Ceux qui règlent leur destin en moins de seize secondes.
Anastasia ? PB. Logique. Classique. Mettez-lui un dossard sur le ventre et c’est bingo — c’est une combattante, une boule de muscles qui court comme si la piste lui appartenait. Et quand elle réalisera pleinement de quoi elle est capable, préparez-vous : ce sera spectaculaire.

April, à ses côtés au départ ? Magique. Des angulations dans les blocs parfaites, des bras qui bossent comme jamais, une fréquence de foulée qui rivalise avec celle d’Ana — un an son aînée. La gamine, la jeune fille, apprend à une vitesse qui m’impressionne sincèrement. Sortie des blocs : top. La suite ? On construit. Brick by brick. 🧱


Et Lise.
Lise revient après de longs mois d’absence. Le chrono ne reflète pas ce qu’elle sait faire. La déception est là, palpable, réelle — et je la comprends totalement.



Mais voilà ce que je veux qu’elle entende, et ce que je veux que tout le monde comprenne : si quelqu’un pouvait reprendre l’entraînement après des mois de coupure et retrouver immédiatement son niveau, ça voudrait dire que les entraînements ne servent à rien. Heureusement pour nous tous — et pour mon fonds de commerce — ce n’est pas le cas.
Lise, je sais qui tu es. Je sais de quoi tu es capable. Travaille, entraîne-toi, remets l’ouvrage sur le métier — encore et encore. Dans quelques semaines, les chronos vont parler. Et ils vont parler fort. 💪
🔥 Le 400 mètres — Bienvenue en enfer (version chronométrée)
Voilà. Le 400.
Entre 50 et 70 secondes d’effort maximal, filière lactique engagée à 100 %, jambes qui brûlent, tête qui tourne, nausées en option. C’est brutal, c’est beau, c’est la course la plus cruelle du sprint.
Et pendant que les athlètes stressent, l’entraîneur stresse encore plus, parce qu’il ne sait jamais dans quel état il va récupérer ses protégés à l’arrivée. Je les regarde partir avec confiance — je les vois revenir avec les yeux vitreux — et je fais semblant que tout va bien. C’est ça, la magie du coaching. 🎭
Alice ouvre le bal. Spécialiste confirmée, chouchoute du pool des entraîneurs, celle sur qui on peut toujours compter. Belle course malgré un rhume rapporté des classes vertes du Poitou — un petit virus pictave en cadeau souvenir, merci les profs, les collègues. PB au compteur. Et pourtant… quatrième place. Médaille en chocolat.
Voilà pourquoi le sport est beau et cruel à la fois. Un PB, ça se signe les yeux fermés. Mais finir au pied du podium quand on sait ce qu’on vaut… ça laisse un goût amer. Ce qui est certain : le meilleur est devant. Quand tout s’aligne pour Alice, elle fera des étincelles — et ce moment arrive.
Marilou. Puissance. Vitesse. Intelligence de course. Couloir 6 — celui où on ne voit personne mais où on entend la cavalerie arriver. Résultat ? Une dernière ligne droite d’enfer et un joli 67,29. Elle a compris. Elle a intégré la gestion de la première ligne droite. Et le tout, sans avoir vu une seule concurrente ! La suite va faire du bruit.
Aloïs, lui, joue dans la cour des grands et fait… exactement ce qu’on lui dit. Pour un entraîneur, c’est presque trop beau. Trente mètres à fond, puis il déroule — posé, lucide, imperturbable même quand un gars du Waco le dépasse à la vitesse du son. Aloïs attend. Il attend la dernière ligne droite. Et là, il donne tout ce qui reste. Et il en reste beaucoup. Comme Marilou. Comme tous ceux du Groupe Développement Sprint qui ont un jour couru cette ligne droite finale avec tout ce qu’ils avaient — Miya, Luka, Gloire, Alexis, Mathieu, Darnell, Zac et Pauline — que de souvenirs, que d’athlètes magnifiques. 🏟️
✨ Le 200 mètres — La plus belle course du monde (avis non subjectif du tout)
Une courbe. Une gestion. Une modulation. Le 200, c’est là où le sprint devient art. Ce n’est pas le 100 où tout le monde fonce tête baissée — au 200, on réfléchit, on respire, on survole.
Naomie, qui a une allergie déclarée au 100 mètres, n’est venue que pour ça. Et bien lui en a pris. Belle course.
April — oui, encore elle — règle son 200 avec un PB. Et sa réaction après la course ? « C’est génial les compets, dommage que j’ai pas commencé plus tôt. » Voilà. C’est exactement pour ça qu’on fait ce métier. 🥹
Anastasia : PB. Nathan : PB — mais avec un vent légèrement trop favorable. Partie remise, le chrono officiel viendra, et il sera bon.
Salomé cherche encore ce nouveau PB qui se fait désirer. Il n’est plus loin. On le sait. Elle le sait.





🏅 Le mot de la fin — Parce qu’il faut bien conclure
Alexandre : médaille, podium sur le 300 haies cadets. Bravo à lui, et bravo à Bernard pour le travail technique — une technique de franchissement des haies qui se voit, qui se sent, et qui paie.


Clémence : une course de 800 mètres parfaite, une technique de course, une foulée magistrale dont je suis franchement jaloux. Olivia : deuxième, course quasi parfaite, jalousie identique de ma part.
Et maintenant ? On remballe, on récupère, on analyse — et on repart vendredi à Oordegem tester les idées qui ont germé aujourd’hui pendant la compét. Parce que c’est ça aussi, le sprint : on ne s’arrête jamais de réfléchir.
Vous êtes magiques. Fiers que vous vous entraîniez avec moi. 🧡



