Gand ou le Paradis des Sprinteurs : Chronique d’une Journée Épique (et Interminable)
Ou comment transformer une compétition d’athlétisme en expédition quasi-polaire… mais à l’intérieur
Le Jour où la Grasse Matinée fut Révolutionnaire
Mes chers lecteurs, laissez-moi vous conter l’épopée du 24 janvier dernier. Une date qui restera gravée dans les annales du groupe Développement Sprint de Seraing Athlétisme. Pourquoi ? Parce que pour une fois – POUR UNE FOIS – le rendez-vous était fixé à… 11 heures !
Oui, vous avez bien lu. Onze heures. Du matin. Pas 7h30 avec des yeux de zombie et un café avalé en mode survie. Non, une vraie grasse mat’ digne de ce nom ! Les parents ont pleuré de joie. Les ados ont cru à un canular. Moi, j’ai simplement savouré ce moment historique en me disant : « Tiens, pour une fois, je vais peut-être réussir à finir mon café. »
Spoiler alert : nous sommes revenus… presque le lendemain, ça s’est joué à quelques minutes ! Mais chut, n’en parlons pas tout de suite.
Le Casting de Choc (et les Rookies Courageux)
Direction Gand donc, avec notre dream team du jour :
- Julia, notre minime intrépide qui s’apprête à découvrir que oui, le 150m c’est BEAUCOUP plus cool que le 1000m.
- Alice, Marilou et Salomé, le trio infernal en short Nike Pro Purple (on y reviendra, c’est un moment MODE historique)
- Antonin, notre rookie numéro 1, qui en est déjà à sa deuxième compet avec le groupe (un vétéran, quoi)
- Timéo, notre sauteur en hauteur qui a décidé de tester le sprint horizontal pour changer un peu de l’air raréfié des hauteurs ! C’est sa première compet



Objectif du jour ? Le 50 mètres. Cette distance bizarre, presque mythologique, qui n’existe que dans certaines compétitions indoor et qui donne l’impression de sprinter dans un couloir d’appartement.
Les Pâtes Gantoises : Une Histoire d’Amour
Arrivés à Gand sans encombre (miracle !), nos athlètes (re)découvrent LE trésor de cette salle indoor : les pâtes bolognaise.
Pas n’importe quelles pâtes. LES pâtes de la salle de Gand. Celles dont on parle encore des semaines après. Celles qui font briller les yeux des sprinteurs affamés. Celles qui méritent une standing ovation et peut-être même une plaque commémorative.



Les filles se sont jetées dessus comme si c’était le dernier repas avant l’apocalypse. Moi aussi d’ailleurs. Parce que soyons honnêtes : quand on passe 12 heures dans une salle d’athlétisme, les pâtes gantoises, c’est la vie.
La Routine Sacrée (ou Comment Devenir Zen en 10 Étapes)
Puis commence le rituel immuable, celui qui transforme des ados stressés en machines de guerre athlétique :
- Camp de base 1 (sous l’écran, position stratégique pour observer le meeting)
- Camp de base 2 (sur le matelas de hauteur, sur la piste en dessous des tribunes, confort maximal pour l’échauffement)
- Tour cool (très important le « cool »)
- In’s and out’s (ça sonne mieux en anglais)
- Étirements dynamiques (pas statiques hein, on n’est pas des statues)
- Éducatifs (ces exercices bizarres qui font rire les spectateurs)
- Déboulés (traduction : courir vite sans chrono pour faire genre)
- Tests des départs en blocs (le moment où on se prend pour Usain Bolt)
Le stress des premières compétitions ? Disparu. Remplacé par une routine tellement rodée qu’ils pourraient la faire les yeux fermés. D’ailleurs, je crois qu’Antonin l’a faite en dormant à moitié.
Julia : De 1000m à 150m, une Révélation
Première au feu : Julia sur le 150m.








Résultat : 23,21 secondes et un nouveau PB !
Son analyse post-course, d’une profondeur philosophique rare : « C’est bien plus cool que le 1000 mètres ! » Je pense tout doucement que Jullia est plus « sprinteuse » que « demi-fondeuse » !


Julia, si tu lis ces lignes, sache que tu viens de résumer en une phrase ce que des générations de demi-fondeurs reconvertis au sprint pensent tout bas. Le 1000m, c’est très long. Le 150m, c’est vraiment fun. CQFD.
Ensuite, direction le 60m pour Julia. Deux distances principales de sa catégorie d’âge testées dans la même journée ? Pour l’entraîneur que je suis, c’est Noël avant l’heure ! Des data ! Des chronos ! Des références pour ajuster les entraînements futurs !
Julia, elle, célèbre cette performance de la seule manière qui vaille : une glace Haribo. Parce que la vie d’athlète c’est beau. Le plaisir. Les récompenses sucrées. La joie simple d’avoir tout donné.
L’Attente Interminable (et le Shopping Stratégique)
Puis commence… l’attente.
La looooongue attente.
Celle qui fait que tu te demandes si le temps ne s’est pas arrêté. Celle qui transforme des sprinteurs hyperactifs en philosophes contemplatifs.
Les cadets, scolaires et juniors ne passent que bien plus tard. Alors que font nos athlètes ? Ils visitent Gand, évidemment !
Et là, mesdames et messieurs, se produit L’ÉVÉNEMENT FASHION DU SIÈCLE :
Les filles reviennent avec des shorts Nike Pro Purple.
Pas n’importe quel purple. LE purple. Celui qui claque. Celui qui fait dire « waouh » même aux juges chronométreurs blasés.
Et elles décident, là, spontanément, de créer LA nouvelle tenue officieuse du groupe :
- Top rouge Seraing (tradition oblige)
- Short Nike Pro Purple (innovation révolutionnaire)
Je vous le dis : dans 20 ans, on parlera encore de cette journée comme celle où le style vestimentaire du Développement Sprint a basculé dans la modernité.
Notez tout de même une chose, histoire de relativiser : il y a quelques années, dans cette MÊME salle de Gand, deux autres athlètes du groupe, des athlètes d’exception et hyper sympathiques, je ne citerai pas de noms (mais demandez à Miya, elle vous racontera) – étaient allées au ravitaillement et étaient revenues avec… de la bière blanche rosée.
Oui, vous avez bien lu. De la rosée.
À l’époque, je n’étais vraiment pas content. Vraiment pas. Du tout.
Mais aujourd’hui, avec le recul et ces fameux shorts Nike Pro Purple, je réalise qu’il y a une constante chez nos athlètes gantois : une fascination inexplicable pour tout ce qui est rosé/purple.
Que ce soit liquide ou textile, le rose-violet semble exercer un pouvoir hypnotique sur le Développement Sprint dès qu’on franchit la frontière flamande.
Coïncidence ? Je ne crois pas.
Tradition gantoise secrète ? Peut-être.
En tout cas, entre la rosée de Miya et Pauline et le purple d’Alice, Marilou et Salomé, il y a manifestement un fil rouge… enfin, un fil rose… enfin, vous voyez l’idée.
La seule différence ? Cette fois, au moins, c’est légal et ça va sur la piste. Progrès !
On en rit maintenant. À l’époque, beaucoup moins. Mais bon, l’histoire se répète, dit-on. Sous des formes différentes, certes, mais elle se répète.
Le 50 Mètres : La Distance des Petits Malins
Retour au camp de base 2. Les pâtes sont digérées depuis des lustres. Un sandwich, une banane, et c’est reparti pour la routine.
Puis arrive LE 50 mètres.
Cette distance étrange. Cette distance qui n’existe presque nulle part. Cette distance qui favorise les petits gabarits et fait grincer des dents les sprinteurs puissants qui adorent les 200m.
Résultat ? QUE DES PB’s !
Bon, techniquement, c’était le premier 50m pour tout le monde, donc forcément… Mais un PB reste un PB, et on ne crache pas sur les records !






Je n’ai même pas le temps de regarder Timéo et Antonin depuis les tribunes que les filles sont déjà de retour sur la piste d’échauffement. Les sprinteurs, c’est rapide sur la piste, mais pour revenir du stade ? Mystère cosmique.
Le 200m : Alice a une Idée (et ça marche !)
Alice et Marilou dans la même série. Alice, forte de ses derniers 400m, a une stratégie.
Elle va tenter quelque chose. Un truc. Une idée de génie germée dans son esprit de sprinteuse tactique.
Et ça marche ! Alice améliore son record !
Marilou termine juste derrière, à quelques centièmes de son PB. Quelques centièmes… Ces petits dixièmes cruels qui font toute la différence entre « YESSS ! » et « Grrr, presque ! ».
Mais l’athlétisme, c’est ça. C’est pas l’École des Fans. Un chrono, c’est un chrono. Et Marilou, déjà bien dans sa phase de PPG, est en train de construire la base qui explosera plus tard. Son pic de forme s’éloigne ? Normal. C’est la planification. C’est le jeu.
Salomé améliore son record aussi. La présence de Marilou et Alice, ça booste. L’émulation, c’est magique.














Puis viennent les garçons. Antonin frôle son PB (quelques centièmes, encore ces satanés centièmes !). Timéo me donne les précieuses données dont j’avais besoin pour ses futurs entraînements.
Mission accomplie.
Le Mystère des Sprinteurs Lents (Hors Piste)
De retour au camp de base, j’attends le retour des athlètes avec la maman de Marilou.
On attend.
On attend encore.
On attend VRAIMENT.
Je sais que les sprinteurs, hors piste, c’est lent. Mais là, on atteint des sommets de lenteur qui défient les lois de la physique. Ces mêmes athlètes qui courent le 200m en moins de 30 secondes mettent 20 minutes pour revenir des vestiaires.
Je migre donc vers le camp de base 2 et là… surprise !
Tous les athlètes sont en train de sauter en hauteur !
J’avais oublié qu’Antonin et Timéo sont aussi des sauteurs. Et apparemment, après avoir sprinté pendant des heures, la meilleure idée c’est de… sauter. Logique d’athlète. Ne cherchez pas à comprendre.
Livio, ils sont chauds !
L’Exfiltration (ou Presque)
Je crois sincèrement que nous sommes les derniers à quitter le stade.
J’ai même entendu le « clic-clic » de la serrure. Le concierge nous a probablement enfermés dehors en soupirant.
Direction… Seraing !
Enfin, le lendemain. Parce que oui, cette journée de compétition s’est transformée en expédition de 24 heures. Mais ça, c’est une autre histoire.
Le Bilan d’une Saison d’Hiver Épique
72 courses courues par 13 athlètes cette saison indoor.
Septante-deux.
Je laisse ça infuser.
Des PB’s à la pelle. Des progrès fulgurants. Des fous rires. Des pâtes gantoises. Des shorts purple. Des sauts en hauteur improvisés. Des glaces Haribo bien méritées.
L’entraîneur que je suis est incroyablement fier de chacun de ces athlètes.
Fier de leur progression. Fier de leur engagement. Fier de leur routine maîtrisée. Fier de leur capacité à transformer une longue journée de compétition en aventure mémorable.
Fier aussi de leurs choix vestimentaires audacieux, soyons honnêtes.
Prochaine étape ? La saison outdoor qui arrive à grands pas.
Avec, je l’espère, encore d’autres pâtes succulentes, d’autres PB’s retentissants, et peut-être – qui sait ? – une nouvelle révolution fashion.
Rendez-vous sur la piste ! 🏃♂️⚡
PS : Julia, si tu lis ça, non, on ne remplace pas encore tous les 1000m par des 150m. 😉
PPS : Les shorts Nike Pro Purple sont désormais la tenue officielle du groupe. C’est acté.
L’émulation qui rassemble 🤝⚡
Quelques secondes après le 200m. Alice et Marilou, enlacées, le souffle court, attendent l’affichage des chronos.


Elles viennent de se battre dans la même série. Elles ont tout donné. Et maintenant ? Elles partagent ce moment d’attente, ensemble.
C’est ça, la vraie compétition. Celle qui pousse à se dépasser, pas celle qui divise. Celle qui élève le niveau du groupe, pas celle qui crée des tensions.
Alice et Marilou ne sont pas rivales. Elles sont concurrentes — et c’est très différent. Elles s’affrontent pour progresser. Elles se challengent pour grandir.
Et par leur attitude, elles montrent l’exemple à tout le groupe. Elles prouvent qu’on peut être compétitrices acharnées sur 200m… et meilleures amies à l’arrivée. Elles incarnent l’esprit que j’adore voir dans le Développement au Sprint.
Quand le chrono s’affiche ? Peu importe qui a gagné. Parce qu’elles ont gagné quelque chose de plus précieux : une coéquipière qui les tire vers le haut.
Voilà l’émulation saine que j’aime pour ce groupe. Une compétition qui rassemble.



