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Quand pas de PB c’est qu’il y a trop de vent ! 🌬️

(ou : Tous à Dampicourt, parce que la saison des meetings bat son plein)


Ce samedi, l’épine dorsale du groupe Développement Sprint charge le camion direction Dampicourt — petit village niché près de Virton, dans l’extrême sud du pays, là où la Belgique touche presque la France du bout des spikes. À bord : les chouchous du groupe. Madeleine, Salomé, Nathan, Aloïs, Julia et Louise, notre dernière recrue — mais déjà, oh combien, indispensable.

Une pensée aussi pour Marilou et Alice, qui entrevoient doucement la lumière au bout du tunnel et un retour aux activités dans les prochaines semaines. Leur entrain et leur bonne humeur nous manquent énormément. L’organisation des apéros aussi, soyons honnêtes. 🍹


🎯 Le décor

La compet se déroule en soirée et combine astucieusement les courses TC avec celles des minimes — idée géniale qui permet à Julia de s’inscrire sur… le 1000 mètres. Julia qui, rappelons-le, apprécie énormément cette distance. 😅 Je rigole. Elle, moins.

Mais avant même d’entrer dans le vif du sujet, notre spécialiste de la haute gastronomie en Haribo a, dès l’arrivée, détecté une brochette de friandises. Radar infaillible. Le déplacement valait déjà le coup.

À peine posé les pieds sur la piste, les échauffements commencent — et là, surprise : les athlètes viennent de Belgique, de France, d’Allemagne et du Grand-Duché. La compet est sérieusement relevée. Et en tant qu’entraîneur, je me félicite de placer nos futurs champions face à des athlètes déjà bien confirmés. Parce qu’il y a des choses qui se transmettent par osmose : comment les autres s’échauffent, comment ils récupèrent entre deux courses, comment ils remettent la machine en route. On observe, on absorbe, on progresse — parfois sans même s’en rendre compte.

💡 Le saviez-vous ? En sport de haut niveau, on appelle ça l’apprentissage vicariant — apprendre en observant les autres plutôt qu’en faisant soi-même. Les neurones miroirs de votre cerveau travaillent même quand vous regardez. Autrement dit : observer un bon athlète s’échauffer, c’est déjà un peu s’entraîner. Pas de quoi rester au canapé pour autant, hein. 😄

Je profite d’ailleurs de l’occasion pour enfoncer le clou une nouvelle fois : une compet vaut dix séances d’entraînement. On y apprend à relativiser ses sensations, à ajuster sa motivation, à calibrer son approche pour les séances qui suivent. Les absents ont toujours tort. 😤


💨 100 mètres TC — Le vent s’invite sans prévenir

Première course : 100 mètres TC filles. Concentration maximale, chrono prometteur… et trop de vent. Madeleine tique un coup. On la comprend.

💡 Pour les curieux : en athlétisme, un PB (Personal Best, record personnel) n’est homologué que si le vent mesuré est inférieur ou égal à +2,0 m/s. Au-delà, la performance est réelle — mais « assistée » par Éole. Elle compte pour la fierté, pas pour le classement officiel.

Côté garçons, Nathan et Aloïs font tous les deux un PB ! Je mets Nathan devant — d’un centième de seconde, quelques centimètres à peine — mais soit, il faut bien départager les cracks. 😄 Les prochains chronos ne devraient pas tarder à passer sous les 12 secondes. C’est dans les tuyaux.


🍬 Julia et le 1000 mètres — Un supplice bien négocié

C’est maintenant le tour de Julia. Julia, minime 2 encore pour quelques semaines — on ne compte plus en mois, soyons sérieux — qui ronge son frein et n’a pas encore accès aux courses TC. Donc Julia s’est portée volontaire pour le 1000 mètres. Une course qu’elle exècre cordialement, à cause des lactates qui transforment les jambes en béton et les bras en guimauve. Mais un mille mètres vaut bien une brochette de Haribo. Napoléon l’aurait dit, s’il avait fait de l’athlé.

💡 La science derrière la souffrance : les lactates (ou acide lactique), c’est ce que produit ton corps quand l’effort est intense et que l’oxygène ne suit plus. Les bras qui s’engourdissent, les jambes qui brûlent — c’est lui. Bonne nouvelle : plus on s’entraîne à le tolérer, plus le seuil recule. Julia est en train de construire ça, séance après séance.

Elles sont trois minimes au départ. Je propose à Julia de coller celle qui a le meilleur PB — une seconde d’avance seulement — de tenir le plus longtemps possible dans sa foulée, puis de voir ce qu’il y a moyen de faire. La stratégie lui plaît. Il y a quelques semaines, elle avait aussi plu à Sarah, notre traileuse du groupe qui s’essayait sur le mile — et Julia a suivi exactement le même chemin que son illustre aînée.

Consciencieuse, appliquée, même quand les lactates lui imposent de secouer les bras à sa manière bien à elle. Placé aux 200 mètres pour son dernier tour, je lui rappelle qu’elle est sprinteuse — et qu’il serait dommage de ne pas le montrer. Elle patiente jusqu’à la sortie de la courbe… et plante une mine magistrale dans la dernière ligne droite, comme le font tous les athlètes du groupe. Elle avait fait mieux à Gand de quelques dixièmes — mais hier, c’était en outdoor. PB officiel. 🎉


🌬️ 200 mètres filles — La malédiction du vent, acte II

Madeleine, qui est dans une phase de progression à faire rougir de jalousie, nous sort une courbe d’enfer et une dernière ligne droite façon « Julia ». Un record explosé. Mais la poisse — trop de vent. Encore. 😤

Derrière, Salomé donne tout. Louise, notre recrue fraîche d’il y a deux semaines, explose son temps de plus d’une seconde. Même verdict : le vent a tout gâché sur le papier. Mais soyons clairs — la performance, elle, est bien réelle. Les PB officiels, c’est l’objectivation d’une progression. Ici, ce qu’on voit, c’est une question de patience et de longueur de temps. N’est pas Monsieur de La Fontaine qui veut. 🐢

Et Louise, en particulier — ce n’est pas qu’elle progresse, c’est qu’elle se métamorphose. C’est flagrant sur ce demi-tour. À suivre de très près.

Nathan, lui, subit aussi les foudres d’Éole au 200. Joli PB — mais avec 2,5 m/s dans le dos. Le vent a décidément passé une très bonne soirée à Dampicourt.


⏱️ Aloïs et le 800 mètres — Naissance d’un fondeur

En fin de soirée, Aloïs, notre futur grand fondeur en devenir, s’essayait pour la première fois au 800 mètres. Le temps extrapolé par l’organisation donnait un 2’10 ». Objectif costaud. Il finit à 5 secondes — et c’est brillant pour une première.

💡 Pour contextualiser : un 2’10 » sur 800 m chez les jeunes, c’est un niveau sérieux. Les meilleures performances mondiales juniors tournent autour de 1’43 »-1’44 ». La marge de progression est immense — et c’est justement ce qui est excitant à cet âge.

Sa course est pleine de maturité. Il a tenu le tempo aussi longtemps que possible, géré l’inconfort, serré les dents. Aloïs est exactement dans la progression établie par son plan. Tout se déroule comme prévu — et ça, c’est le meilleur signe qui soit. 📈


🚌 Le retour

Dernière recharge de Haribo — parce que la vie est belle — et le retour vers Seraing va être long. Il se fera sans Louise, qui part directement vers son lac italien avec la famille qui était venue l’encourager. On lui pardonne.

Belle soirée, beau groupe. Le vent a fait son travail de saboteur, mais les jambes, elles, ont fait mieux encore. On revient. 💪

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